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Mentions légales, confidentialité, cookies : ce qu’un site doit afficher

Les mentions légales, la politique de confidentialité, le bandeau de cookies et les CGV, qui les doit, ce qu’elles contiennent, et ce que coûte leur absence.

Par Jules Le Rouzès 5 min de lecture

Rendu 3D d’une fenêtre de navigateur crème dont le pied de page ambré porte quatre liens, avec un cookie et un petit cadenas posés sur un socle

L’essentiel en trente secondes5 points

  • Tout site professionnel doit afficher des mentions légales qui permettent d’identifier son éditeur et son hébergeur. Leur absence est punie d’un an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.
  • Dès qu’un formulaire recueille un nom ou une adresse e-mail, une politique de confidentialité doit dire à quoi servent ces données, combien de temps elles sont gardées et comment les faire effacer.
  • Un bandeau de cookies est obligatoire dès qu’un traceur n’est pas indispensable au fonctionnement du site. La CNIL exige qu’on puisse refuser aussi simplement qu’on accepte.
  • Une boutique qui vend à des particuliers doit publier ses conditions générales de vente. Depuis le 28 juin 2025, elle doit aussi être accessible, sauf si l’entreprise compte moins de 10 salariés et moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires.
  • Ces pages se relient depuis le pied de chaque page, et elles se tiennent à jour. Un changement d’hébergeur ou d’outil de statistiques les rend fausses du jour au lendemain.

Presque tous les sites ont un lien « Mentions légales » en pied de page. Beaucoup moins affichent tout ce que la loi demande, et surtout ce qui correspond à ce que le site fait vraiment. Il y a quatre blocs à connaître, et chacun se déclenche pour une raison précise.

Les mentions légales, sur tout site professionnel

C’est l’obligation la plus large. La loi pour la confiance dans l’économie numérique impose à tout éditeur de site de permettre à ses visiteurs de l’identifier, et Service-public.fr en donne la liste pour les entreprises.

À afficherEntrepreneur individuelSociété
IdentitéNom et prénom, suivis de « entrepreneur individuel » ou EIDénomination sociale et forme
AdresseAdresse de l’entrepriseSiège social
ContactE-mail et téléphoneE-mail et téléphone
ImmatriculationNuméro au registre concernéNuméro au RCS et montant du capital social
TVANuméro de TVA intracommunautaire, s’il existeNuméro de TVA intracommunautaire
PublicationNom du directeur de la publication
HébergeurNom, adresse et téléphoneNom, adresse et téléphone

Une activité réglementée, comme une pharmacie ou un débit de boissons, ajoute le nom et l’adresse de l’autorité qui l’a autorisée. Le manquement est puni d’un an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

La politique de confidentialité, dès qu’un formulaire recueille des données

Un formulaire de contact recueille un nom, un e-mail, parfois un téléphone. Ce sont des données personnelles, et la personne doit savoir ce que vous en faites au moment où elle les donne. Service-public.fr détaille ce qu’il faut lui dire.

  • qui est responsable des données, et comment le joindre ;
  • à quoi elles servent, et sur quelle base légale, par exemple répondre à sa demande ;
  • ce qui est obligatoire dans le formulaire, et ce qui ne l’est pas ;
  • qui les reçoit, et combien de temps elles sont gardées ;
  • ses droits d’accès, de rectification et d’effacement, et son droit de saisir la CNIL.

Ces informations vivent dans une page distincte des conditions de vente, reliée depuis chaque page du site sous un intitulé clair comme « Confidentialité ». L’absence de l’une d’elles est punie d’une amende de 1 500 €.

Le bandeau de cookies, dès qu’un traceur n’est pas indispensable

Un site dépose de petits fichiers dans le navigateur de ses visiteurs. Ceux qui sont indispensables à son fonctionnement, un panier ou une préférence de langue, se passent d’autorisation. Tous les autres demandent un consentement préalable, et c’est le rôle du bandeau.

La CNIL en fixe les règles. Le visiteur accepte par un geste clair, jamais par une case déjà cochée. Il doit pouvoir refuser avec le même degré de simplicité qu’il accepte, donc avec un bouton aussi visible. Continuer à naviguer sans répondre vaut refus. Et il doit pouvoir retirer son accord aussi facilement qu’il l’a donné, d’où le lien « Gérer les cookies » en pied de page.

Le piège est de croire qu’on n’a pas de cookies parce qu’on n’a pas installé d’outil de statistiques. Une vidéo YouTube intégrée, une carte, un bouton de réseau social ou un pixel publicitaire en déposent. À l’inverse, certains outils de mesure d’audience peuvent être exemptés, s’ils sont configurés dans les conditions fixées par la CNIL. Service-public.fr rappelle que traiter des données sans le consentement requis est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende.

Les conditions générales de vente, dès que vous vendez en ligne

Dès qu’un site vend à des particuliers, ses conditions générales de vente doivent y figurer. Elles donnent les caractéristiques des produits, les prix toutes taxes comprises, la livraison, le paiement, le droit de rétractation, les garanties légales et le recours à un médiateur de la consommation. Leur absence est punie de 3 000 € d’amende. Entre professionnels, elles restent facultatives mais doivent être communiquées à qui les demande.

Si vous vendez des abonnements, une fonction de résiliation en ligne, gratuite et facile à trouver, est obligatoire depuis le 1er juin 2023. Son absence coûte 15 000 € d’amende.

L’accessibilité, pour les boutiques des entreprises de dix salariés et plus

Depuis le 28 juin 2025, la directive européenne sur l’accessibilité s’applique au commerce en ligne. Une boutique doit pouvoir être utilisée par une personne en situation de handicap, de la navigation au paiement. La DGCCRF en contrôle le respect.

Les entreprises de moins de 10 salariés, dont le chiffre d’affaires annuel reste sous 2 millions d’euros, n’ont aucune obligation en la matière pour leurs services. Pour les autres, chaque infraction constatée est une amende de 7 500 €. Et même sans obligation, un site lisible au clavier, aux contrastes suffisants et aux images décrites se lit mieux pour tout le monde, Google compris.

Où les mettre, et comment les tenir à jour

Ces pages se relient depuis le pied de chaque page, avec des intitulés que tout le monde comprend : mentions légales, confidentialité, gestion des cookies et, pour une boutique, conditions de vente. Elles ne doivent pas demander plus de deux clics pour être trouvées.

Le plus fréquent n’est pas l’oubli, c’est la page devenue fausse. Un changement d’hébergeur, un nouvel outil de statistiques, une vidéo ajoutée ou une nouvelle adresse suffisent à rendre ces pages inexactes sans que personne ne s’en aperçoive. Relisez-les à chaque changement d’outil, et au moins une fois par an.

Sur les sites que nous livrons, ces pages et le bandeau sont en place dès la mise en ligne, remplis avec les informations que vous nous donnez. Ce guide résume les obligations les plus courantes. Une activité réglementée ajoute les siennes, à vérifier avec votre conseil.

Questions fréquentes 5

Un micro-entrepreneur doit-il afficher des mentions légales ?
Oui. Tout site professionnel est concerné, quelle que soit la taille de l’entreprise. Un entrepreneur individuel indique ses nom et prénom suivis de la mention « entrepreneur individuel » ou des initiales EI, son adresse, un e-mail et un téléphone, son numéro d’immatriculation et l’identité de son hébergeur.
Faut-il un bandeau de cookies si le site n’a pas de statistiques ?
Pas si le site ne dépose que des traceurs indispensables à son fonctionnement, comme un panier ou une préférence de langue. Mais une vidéo YouTube intégrée, une carte, un pixel publicitaire ou un outil de statistiques non configuré pour l’exemption de la CNIL suffisent à rendre le consentement obligatoire. Le plus sûr est de lister les traceurs réellement déposés avant de décider.
Peut-on reprendre les mentions légales d’un autre site ?
Ce serait les rendre fausses. Elles décrivent votre entreprise, votre hébergeur et, pour une société, le directeur de la publication. Un modèle recopié désigne souvent le mauvais hébergeur, ou un outil que votre site n’utilise pas.
Qui est l’hébergeur d’un site Wix ou Shopify ?
La plateforme elle-même. C’est elle qui stocke et sert les pages de votre site, et ses coordonnées figurent dans ses conditions d’utilisation. Ce sont elles qu’il faut reporter dans vos mentions légales, avec son nom, son adresse et son numéro de téléphone.
Ce guide suffit-il pour être en règle ?
Il résume les obligations les plus courantes pour une entreprise qui présente ses services ou vend en ligne. Une activité réglementée, comme la santé, l’alcool ou la finance, ajoute ses propres obligations, à vérifier avec votre conseil ou votre organisation professionnelle.

Sources et documentation 5

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