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Cahier des charges d’un site internet : le modèle, rubrique par rubrique

Les huit rubriques d’un cahier des charges de site internet, un exemple rempli pour un artisan, ce qu’il vaut mieux taire, et comment comparer les devis.

Par Jules Le Rouzès 5 min de lecture

Rendu 3D d’un bloc-notes à spirale avec une liste cochée et un crayon ambré, devant l’esquisse lumineuse d’une page web, sur un socle crème

L’essentiel en trente secondes5 points

  • Un cahier des charges sert à obtenir des devis comparables et à éviter les surprises en cours de route. Pour une petite entreprise, France Num estime que cinq à dix pages bien structurées suffisent.
  • Il répond à huit questions. Qui vous êtes, à quoi sert le site, pour qui, quelles pages, quels contenus, quelles fonctions et quels outils à relier, quel budget et quel calendrier, et qui s’en occupe ensuite.
  • Les objectifs se classent par priorité. Recevoir des demandes de devis passe avant présenter l’entreprise, et c’est ce classement qui guide toutes les décisions suivantes.
  • Décrivez des besoins, pas des solutions techniques. Écrire que les clients doivent pouvoir réserver un créneau est utile, imposer une extension précise l’est beaucoup moins.
  • Donnez un budget, même approximatif. Sans lui, les propositions ne se comparent pas, parce qu’elles ne répondent pas au même projet.

Un cahier des charges fait peur, parce qu’on l’imagine technique et long. Pour un site d’entreprise, c’est surtout une page où l’on écrit clairement ce qu’on attend. Elle sert à obtenir des devis comparables, à cadrer le projet, et à savoir de quoi on parle le jour où quelque chose ne va pas. Voici le modèle que nous aimerions recevoir, rubrique par rubrique.

À quoi sert vraiment un cahier des charges

Envoyez la même demande floue à trois prestataires, vous recevrez trois devis pour trois sites différents, impossibles à comparer. Envoyez-leur le même cahier des charges, et les écarts de prix deviennent lisibles, parce qu’ils répondent au même besoin.

France Num, qui en publie plusieurs modèles, le rappelle. Il n’a pas besoin d’être un document technique de cent pages, et pour une TPE ou une PME, cinq à dix pages bien structurées suffisent largement. Pour un site vitrine simple, une page bien remplie fait souvent l’affaire.

Le modèle, en huit rubriques

Chaque rubrique répond à une question. Le tableau donne, pour chacune, un exemple rempli pour un menuisier imaginaire, installé près d’Angers.

RubriqueLa questionExemple
1. L’entrepriseQui êtes-vous, et qu’est-ce qui vous distingue ?Menuisier depuis 12 ans, deux salariés, fenêtres et escaliers sur mesure, atelier à 20 km d’Angers
2. Les objectifsÀ quoi le site doit-il servir, par ordre d’importance ?1. Recevoir des demandes de devis. 2. Montrer nos réalisations. 3. Recruter un apprenti
3. Les clientsQui sont-ils, que cherchent-ils ?Particuliers qui rénovent, architectes. Ils tapent « escalier sur mesure Angers »
4. Les pagesQuelles pages, dans quel ordre ?Accueil, fenêtres, escaliers, réalisations, l’atelier, contact
5. Les contenusQui fournit les textes, les photos, le logo ?Photos de chantier fournies, textes à rédiger, logo existant
6. Les fonctionsQue doit-on pouvoir faire sur le site ?Formulaire de devis avec envoi de photos, carte de la zone d’intervention
7. Budget et calendrierCombien, et pour quand ?Entre 800 et 1 500 € HT, en ligne avant le salon de mars
8. L’aprèsQui modifie le site, qui l’héberge, à quel nom ?Ajout de réalisations nous-mêmes, domaine à notre nom, entretien à confier

Rubrique par rubrique, ce qui compte

L’entreprise. Quelques lignes suffisent, mais pas une plaquette. Ce qui aide le prestataire, c’est ce qui vous distingue de vos concurrents, et la zone où vous travaillez.

Les objectifs, classés. C’est la rubrique la plus importante. Un site qui doit d’abord apporter des demandes de devis ne se construit pas comme un site qui doit d’abord rassurer des clients existants. Classez vos objectifs, et le prestataire saura arbitrer à votre place quand deux idées se contredisent.

Les clients, et leurs mots. Notez les questions qu’on vous pose au téléphone, et les mots que vos clients emploient. Ils ne cherchent pas une « menuiserie extérieure », ils cherchent des « fenêtres en bois ». Ce sont ces mots qui feront trouver le site.

Les pages. Une liste suffit. Si vous hésitez, notre guide sur ce que doit contenir un site vitrine donne une structure de départ.

Les contenus. Qui écrit les textes, qui fournit les photos, et en quel état. C’est la ligne qui fait le plus varier les prix, et celle qu’on oublie le plus. Si un site existe déjà, ajoutez ce qui doit être gardé et les pages qui reçoivent des visites, pour ne pas perdre en route ce que le site a gagné sur Google.

Les fonctions et les outils à relier. Décrivez ce que le visiteur doit pouvoir faire, réserver, payer, envoyer une photo, et les outils avec lesquels le site devra échanger, un agenda, un logiciel de gestion, une lettre d’information. France Num insiste sur ce point. Vous n’avez pas à choisir la technologie, mais vous devez dire avec quoi le site doit fonctionner.

Le budget et le calendrier. Une fourchette et une date, avec la raison de la date si elle existe, un salon, une ouverture, une saison. Pour situer votre fourchette, notre guide sur le prix d’un site internet donne les repères du marché et nos propres prix.

L’après. Qui ajoutera les actualités, qui fera les mises à jour, à quel nom seront le domaine et les comptes. C’est ce qui décide du coût du site sur plusieurs années, bien plus que sa création.

Ce qu’il vaut mieux ne pas écrire

Des adjectifs à la place d’exemples. « Moderne, épuré, dynamique » ne veut rien dire pour personne. Donnez plutôt deux ou trois sites que vous aimez, et dites ce qui vous plaît dans chacun.

Des solutions techniques que vous ne maîtrisez pas. Écrire qu’il faut telle extension ou tel outil ferme des portes. Décrivez le besoin, et laissez le prestataire proposer la solution, puis jugez-la.

Une promesse de position sur Google. Google l’écrit lui-même, personne ne peut garantir la première position dans ses résultats. Demandez un site construit pour être trouvé, avec des réglages page par page et une mesure après la mise en ligne. Un prestataire qui promet la première place vous dit déjà quelque chose de lui.

Comment s’en servir pour choisir

Envoyez le même document à deux ou trois prestataires, et comparez leurs réponses ligne par ligne, en particulier les contenus, les fonctions et l’après. Les questions qu’ils vous posent en retour disent beaucoup de leur façon de travailler.

France Num conseille aussi de regarder leurs réalisations, d’appeler un ou deux de leurs clients, et de ne verser qu’un acompte à la signature, le solde après la mise en ligne, une fois que tout fonctionne. Un conseil simple, et qui protège mieux que n’importe quelle clause.

Questions fréquentes 5

Faut-il vraiment un cahier des charges pour un petit site ?
Pas un document de cent pages. Mais une page qui répond aux huit questions de ce guide évite la moitié des malentendus d’un projet de site. Pour un site de trois pages, une heure de rédaction suffit, et elle se rentabilise dès le premier devis.
Qui doit écrire le cahier des charges ?
Vous, parce que vous êtes le seul à connaître votre activité et vos clients. Un bon prestataire vous aidera ensuite à le compléter par des questions, et c’est même un bon signe s’il en pose beaucoup.
Faut-il indiquer son budget ?
Oui, même sous forme de fourchette. Sans budget, un prestataire imagine le projet qu’il préfère, et vous recevez trois devis pour trois sites différents. Avec une fourchette, les propositions répondent au même besoin et se comparent vraiment.
Peut-on demander une place garantie sur Google dans le cahier des charges ?
Non, et il faut se méfier de qui l’accepterait. Google écrit lui-même que personne ne peut garantir la première position dans ses résultats. Demandez plutôt un site construit pour être trouvé, avec des réglages de référencement page par page et une mesure après la mise en ligne.
Que faire si j’ai déjà un site ?
Ajoutez une rubrique sur l’existant. Ce qui marche et doit être gardé, les pages qui reçoivent des visites, les adresses à rediriger. C’est ce qui permet de refaire un site sans perdre le référencement qu’il avait gagné.

Sources et documentation 3

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