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Choisir un nom de domaine : le nom, l’extension, et à quel nom le déposer

Choisir un nom de domaine qui dure : le nom, l’extension .fr ou .com, ce qu’il coûte chaque année, le piège du domaine gratuit, et le titulaire à vérifier.

Par Jules Le Rouzès 6 min de lecture

Rendu 3D d’une barre d’adresse crème posée sur un socle, surmontée de trois pastilles de couleur comme des extensions à choisir, avec une petite clé en laiton appuyée contre le socle

L’essentiel en trente secondes5 points

  • Un bon nom de domaine se dicte au téléphone sans l’épeler. Court, sans tiret ni chiffre ambigu, et assez large pour suivre l’entreprise si elle change de ville ou de produit.
  • Le .fr convient à une activité tournée vers la France, et il n’est pas réservé aux Français. La charte de l’Afnic l’ouvre aux résidents de l’Union européenne, de la Suisse, de l’Islande, du Liechtenstein et de la Norvège.
  • Un nom de domaine se loue à l’année, entre 5 et 50 € HT selon l’extension d’après France Num. Le domaine « gratuit » des créateurs de sites n’est offert que la première année, puis il se renouvelle au prix normal.
  • Le domaine doit être déposé au nom de votre entreprise. Selon la charte de l’Afnic, un contact administratif qui n’est pas le titulaire n’a aucun droit sur le nom.
  • Un domaine ne protège pas une marque. Vérifiez sur la base de l’INPI que personne ne détient déjà le nom, sinon le domaine peut vous être retiré.

Le nom de domaine est la seule partie du site qu’on ne refait pas. Le design change tous les cinq ans, les textes plus souvent, mais l’adresse reste, imprimée sur les devis, les cartes de visite, les véhicules et chaque adresse e-mail. Autant la choisir pour durer. Voici comment trancher le nom, l’extension, et vérifier à qui elle appartient vraiment.

Le nom, cinq critères qui tiennent dans le temps

Il se dicte sans épeler. C’est le test le plus utile. Dites l’adresse au téléphone à quelqu’un qui ne vous connaît pas. S’il faut préciser « avec deux L », « tiret entre les deux mots » ou « le chiffre, pas en lettres », le nom vous coûtera des visites et des e-mails perdus.

Il est court. Pas de limite pratique en dessous de vingt caractères, mais chaque mot en plus est une chance de faute de frappe. Le nom de l’entreprise suffit presque toujours. Ajouter l’activité, comme dupont-plomberie, n’aide que si le nom seul est déjà pris.

Il suit l’entreprise. Un nom lié à une ville devient gênant le jour où l’activité s’étend à la région. Un nom lié à un seul produit enferme la boutique qui élargit son catalogue. Ce n’est pas à l’adresse de décrire l’activité, c’est au site.

Il évite les tirets et les chiffres. Un tiret se dicte mal et s’oublie. Un chiffre crée l’hésitation entre « 3 » et « trois ». Les deux sont permis, la charte de nommage de l’Afnic interdit surtout de commencer ou de finir par un tiret et de dépasser 63 caractères, mais ils rendent l’adresse plus fragile.

Il n’appartient à personne d’autre. Un nom de domaine s’attribue selon la règle du premier arrivé, premier servi. Il ne protège pas une marque, et il ne vous protège pas contre une marque. Avant de déposer, cherchez le nom sur la base des marques de l’INPI. Si une entreprise l’a déposé comme marque dans votre secteur, elle peut contester votre domaine, et les procédures de litige prévues par l’Afnic le lui permettent.

L’extension, .fr, .com ou autre

L’extension est la fin de l’adresse. Le choix se fait en fonction de vos clients, pas de ce qui reste disponible.

ExtensionPour quiCe qu’il faut savoir
.frUne activité tournée vers la FranceGéré par l’Afnic, ouvert aux résidents de l’Union européenne et de quatre autres pays
.comUne activité internationale, ou une marque déjà connue sous ce nomAucune condition de résidence, souvent déjà pris pour les noms courts
Extension d’un autre paysUne entreprise installée ou active dans ce paysChaque registre fixe ses propres conditions
Extension thématique ou régionaleUn projet qui veut marquer son secteur ou son territoireMoins connue du public, à réserver en second nom

Le .fr surprend souvent sur un point. Il n’est pas réservé aux entreprises françaises. La charte de l’Afnic l’ouvre à toute personne qui réside, ou à toute entreprise qui a son siège, dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse. Une entreprise suisse qui vise aussi des clients français peut donc déposer un .fr à côté de son adresse nationale.

Quand le nom est libre dans plusieurs extensions, déposez les deux principales et faites pointer la seconde vers la première. Quelques euros par an évitent qu’un concurrent, ou un revendeur de domaines, s’installe sur l’adresse que vos clients taperont par erreur.

Le prix, et le domaine « gratuit »

Un nom de domaine ne s’achète pas, il se loue à l’année auprès d’un bureau d’enregistrement. France Num situe son prix entre 5 et 50 € HT par an selon l’extension. Deux précautions sur ce prix.

Regardez le prix du renouvellement, pas celui de la première année. Beaucoup de bureaux d’enregistrement affichent un prix d’appel la première année, puis un tarif normal ensuite. C’est ce second prix que vous paierez pendant dix ans.

Le domaine « gratuit » ne l’est qu’un an. Les créateurs de sites offrent souvent le domaine avec un forfait payant. Chez Wix, par exemple, le bon d’achat couvre la première année, puis le domaine se renouvelle comme n’importe quel autre. Et une adresse du type monsite.wixsite.com n’est pas un domaine du tout. C’est une sous-adresse de la plateforme, avec les limites du forfait gratuit, que vous ne pourrez jamais emporter ailleurs.

À quel nom le déposer

C’est la question la plus importante du guide, et celle qu’on ne pose presque jamais. Le domaine a un titulaire, la personne ou l’entreprise à qui il appartient, et des contacts qui le gèrent. Ce n’est pas la même chose.

La charte de l’Afnic est claire. Quand le contact administratif n’est pas le titulaire, il ne dispose d’aucun droit sur le nom de domaine. Autrement dit, si votre prestataire a déposé l’adresse à son nom, c’est lui qui la détient, même si vous la payez. Le jour d’un désaccord ou d’une cessation d’activité, votre site et vos e-mails dépendent de lui.

Trois vérifications, à faire une fois.

  1. Le titulaire est votre entreprise, avec sa raison sociale exacte. Demandez une capture de la fiche du domaine chez le bureau d’enregistrement.
  2. Vous avez un accès au compte qui gère le domaine, ou au minimum la possibilité d’en obtenir le code de transfert sans conditions.
  3. Le renouvellement est automatique, et la carte bancaire associée n’expire pas le mois prochain.

Un domaine qui n’est pas renouvelé cesse de fonctionner, puis il est supprimé et redevient disponible pour n’importe qui. Des revendeurs surveillent ces noms qui expirent, parce qu’une adresse qui a déjà des visites et des liens a de la valeur.

Le domaine porte aussi vos e-mails

Une adresse comme contact@votre-entreprise.fr dépend du même nom de domaine que le site. C’est un argument de plus pour bien le choisir, une adresse e-mail sur un domaine à vous inspire davantage confiance qu’une adresse gratuite, et elle vous suit si vous changez de fournisseur de messagerie.

C’est aussi une raison d’être prudent le jour où l’on touche aux réglages du domaine. Faire pointer l’adresse vers un nouveau site ne doit pas couper la messagerie. Les deux se règlent séparément, et une bascule bien préparée ne touche qu’au site.

Ce que nous faisons, et ce que vous pouvez faire seul

Choisir un nom et le déposer se fait très bien seul, en une heure, auprès de n’importe quel bureau d’enregistrement. Le plus important est de le faire à votre nom, dès le départ. Quand nous créons un site, le domaine est réservé au nom de votre entreprise, il vous appartient, et il vous suit si vous partez. Si vous en avez déjà un, nous raccordons le nouveau site dessus sans toucher à vos e-mails.

Le domaine n’est qu’une ligne du budget d’un site. Notre guide sur le prix d’un site internet détaille les autres, et notre cahier des charges rappelle la question à poser avant de signer, à quel nom seront le domaine et les comptes.

Questions fréquentes 5

Faut-il prendre le .fr ou le .com ?
Pour une activité qui vise surtout la France, le .fr est le choix naturel, et il rassure. Le .com convient à une ambition internationale. Si les deux sont libres et que votre budget le permet, déposez les deux et faites pointer le second vers le premier, pour qu’un concurrent ne le prenne pas.
Un nom de domaine gratuit, ça existe ?
Pas vraiment. Les créateurs de sites offrent souvent le domaine la première année avec un forfait payant, puis il se renouvelle au prix normal. Et une adresse du type monsite.wixsite.com n’est pas un domaine à vous, c’est une sous-adresse de la plateforme, que vous ne pourrez pas emporter ailleurs.
Peut-on mettre des accents dans un nom de domaine ?
Oui, la charte de l’Afnic admet les caractères accentués pour le .fr. Mais une adresse accentuée se tape mal sur certains claviers et passe mal dans les adresses e-mail. Le plus sûr est de choisir la version sans accent comme adresse principale, et de déposer la version accentuée pour la rediriger.
Que se passe-t-il si j’oublie de renouveler mon domaine ?
Le site et les adresses e-mail cessent de fonctionner, puis le nom finit par être supprimé et redevient disponible pour n’importe qui. Activez le renouvellement automatique, et notez la date d’échéance quelque part où vous la verrez.
Mon prestataire a déposé le domaine à son nom, que faire ?
Demandez-lui de transférer la titularité à votre entreprise, c’est une opération prévue par tous les bureaux d’enregistrement. Tant que ce n’est pas fait, c’est lui qui détient juridiquement votre adresse, et votre site dépend de sa bonne volonté.

Sources et documentation 5

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