Référencement

Refaire son site sans perdre son référencement

Le plan de redirections s’écrit avant la refonte, jamais après. La méthode : inventaire des adresses, correspondances, bascule, contrôle des sept jours.

Par Jules Le Rouzès 4 min de lecture

Rendu 3D d’une flèche ambre marquée 301 qui relie une ancienne fenêtre de site, grise et chargée, à une nouvelle, claire et moderne

L’essentiel en trente secondes5 points

  • La perte de trafic après une refonte n’est presque jamais une pénalité. C’est un plan de redirections absent ou incomplet.
  • Le plan s’écrit AVANT la bascule, à partir de la liste réelle des adresses du site actuel, pas de la mémoire de qui que ce soit.
  • Une redirection 301 par ancienne adresse, vers la page qui répond au même besoin. Tout rediriger vers la page d’accueil est la façon la plus courante de tout perdre.
  • Ce qui se garde n’est pas le design, ce sont les contenus qui fonctionnaient, les adresses, les titres, et les pages qui recevaient déjà des visites.
  • Les sept jours qui suivent la bascule se surveillent : erreurs d’exploration, pages disparues de l’index, formulaires, et courbe de trafic comparée à la même semaine de l’an dernier.

Un site refait proprement, mis en ligne un lundi. Trois semaines plus tard, le téléphone sonne moins et le trafic a fondu de moitié. Le nouveau site est plus beau, plus rapide, mieux écrit, et il rapporte moins que l’ancien.

Ce scénario n’a rien d’une fatalité, et il n’a rien à voir avec une pénalité de Google. Il a une cause unique dans l’immense majorité des cas : les anciennes adresses ne mènent plus nulle part. Voici la méthode pour que cela n’arrive pas.

Le principe, en une phrase

Google ne connaît pas votre site, il connaît ses adresses. Chaque page indexée est une adresse à laquelle il a associé un sujet, une réputation et des liens venus d’ailleurs. Le jour où cette adresse disparaît sans rien dire, tout ce qui y était attaché disparaît avec elle.

Une redirection permanente, dite 301, sert exactement à ça : dire « cette page a déménagé, voici sa nouvelle adresse ». Google transfère alors l’essentiel de ce qu’il avait appris.

Étape 1, l’inventaire des adresses, avant tout le reste

Cette étape se fait avant de dessiner quoi que ce soit, et elle ne se fait pas de mémoire.

Trois sources à croiser.

  • Le plan de site actuel, à l’adresse votre-site.fr/sitemap.xml. Il liste ce que le site déclare.
  • La Search Console, rapport d’indexation, qui liste ce que Google connaît vraiment, y compris de vieilles pages que vous aviez oubliées.
  • Vos statistiques des douze derniers mois, qui disent lesquelles reçoivent encore des visites.

De ce croisement sort un tableau : une ligne par adresse, avec ses visites sur un an. C’est le document de référence de toute la refonte, et il vaut mieux y passer deux heures que de le regretter pendant six mois.

Étape 2, la correspondance, ligne à ligne

Pour chaque ancienne adresse, une décision, et une seule.

CasDécision
La page existe à l’identique dans le nouveau siteon garde la même adresse, pas de redirection
La page existe sous une autre adresseredirection 301 vers la nouvelle
La page est fusionnée avec une autreredirection 301 vers celle qui reprend le sujet
La page disparaît et ne recevait aucune visiteon la laisse répondre en page introuvable
La page disparaît mais recevait des visitesredirection vers la page la plus proche du besoin

La règle qui fait tout le travail : une redirection mène à la page qui répond au même besoin. Rediriger tout ce qui a disparu vers la page d’accueil est le raccourci le plus tentant et le plus destructeur, parce qu’une redirection sans rapport avec la page d’origine est traitée comme une suppression.

Étape 3, ce qu’on garde de l’ancien site

Une refonte réussie n’est pas une page blanche.

Les contenus qui fonctionnaient. Si une page reçoit des visites depuis deux ans, son texte a une qualité, même si sa mise en page a vieilli. On la reprend et on l’améliore, on ne la réécrit pas de zéro par principe.

Les titres de référencement. Ils ont été appris par Google. Les changer tous le même jour ajoute une variable inutile à un moment où l’on veut justement pouvoir comprendre ce qui bouge.

Les adresses, quand la structure reste valable. C’est la meilleure des protections : la redirection qu’on n’a pas eu besoin de poser.

Les pages légales et la politique de confidentialité, à condition de les mettre à jour, pas de les recopier.

Étape 4, la bascule et les sept jours qui suivent

Le jour J, les redirections doivent être en ligne en même temps que le nouveau site. Pas le lendemain.

Puis on surveille, pendant une semaine, quatre choses.

  1. Les erreurs d’exploration dans la Search Console. Une page introuvable qui apparaît est une redirection oubliée.
  2. Le nombre de pages indexées, qui peut fluctuer, mais ne doit pas s’effondrer.
  3. Les formulaires et les appels, testés à la main. Un formulaire qui ne part plus ne se voit dans aucune statistique, il se voit à l’absence de demandes.
  4. La courbe de trafic, comparée à la même période de l’année précédente et non à la semaine d’avant, sinon la saisonnalité fausse toute lecture.

Ce que ça change de le faire dans cet ordre

Le plan de redirections écrit avant la bascule, ce n’est pas une précaution de perfectionniste : c’est la différence entre une refonte qui fait progresser et une refonte qui remet le compteur à zéro. C’est aussi, dans les devis que nous voyons passer, la ligne qui manque le plus souvent.

Chez nous, elle fait partie du travail, elle n’est pas une option. Quand nous reprenons un site existant, l’inventaire des adresses est la première chose que nous produisons, avant même de parler de maquette. Ce n’est pas la partie la plus gratifiante d’un projet, c’est celle qui protège ce que vous avez déjà construit.

Questions fréquentes 6

Combien de temps le trafic met-il à revenir après une refonte ?
Quand les redirections sont en place, la plupart des positions se retrouvent en deux à six semaines, avec une oscillation normale dans l’intervalle. Quand elles manquent, la perte peut être durable, parce que Google traite les anciennes adresses comme des pages disparues.
Peut-on garder les mêmes adresses de pages ?
C’est même la meilleure stratégie quand la structure reste valable. Une refonte n’oblige à changer les adresses que si l’arborescence change vraiment. Moins on touche aux adresses, moins on risque.
Faut-il rediriger vers la page d’accueil quand la page n’existe plus ?
Non. Une redirection doit mener à la page qui répond au même besoin. À défaut, une page de catégorie pertinente. Rediriger en masse vers l’accueil est traité comme une redirection sans rapport, et revient à supprimer la page.
Que faire des pages qui ne servaient à rien ?
On les supprime, et c’est très bien. Une refonte est le bon moment pour retirer les pages vides. Elles doivent alors répondre correctement en page introuvable, ou être redirigées si elles recevaient encore des visites.
Combien coûte une refonte ?
Cela dépend du nombre de pages, de ce qu’on reprend et de ce qu’on réécrit. Le poste que les devis oublient est justement le plan de redirections et la reprise des contenus, et c’est celui qui protège votre trafic.
Et si je change aussi de nom de domaine ?
C’est une opération distincte, qui s’ajoute à la refonte et qui demande sa propre préparation : redirections de domaine à domaine, déclaration du changement dans la Search Console, et surveillance plus longue. Les deux en même temps se font, à condition de les traiter comme deux chantiers.

Sources et documentation 6

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