C’est devenu la première étape de beaucoup de projets : on décrit son activité dans un fil de discussion, et un site complet apparaît quelques minutes plus tard. La question n’est plus de savoir si ça marche, ça marche. La question est de savoir ce qu’on tient exactement, et ce qu’il reste à faire.
Ce que fait le créateur de site IA
Wix décrit son fonctionnement sans détour. L’outil utilise une interface de discussion pour comprendre votre besoin, vous pose une série de questions sur vos préférences, style de design et fonctionnalités attendues, puis crée automatiquement un site personnalisé.
Ce qui sort est un site complet dans l’éditeur Wix : une arborescence de pages cohérente avec votre secteur, des textes rédigés, des images d’illustration, et les applications correspondant aux fonctions demandées, prise de rendez-vous ou boutique par exemple.
Il existe aussi une version plus fine et souvent plus utile : générer une seule section de page, qui reprend le style du site existant. Quand on sait ce qui manque à une page, c’est un bien meilleur usage que de tout régénérer.
Ce qu’il ne fait pas, et ne fera pas
Un générateur produit une structure plausible. C’est déjà beaucoup, et ce n’est pas votre site.
Il ne connaît pas votre activité. Il connaît la moyenne des sites de votre secteur. Vos prix, vos délais, votre zone d’intervention, la raison pour laquelle vos clients vous choisissent plutôt que le concurrent d’en face : rien de tout cela n’est dans le modèle, donc rien de tout cela n’est dans le texte.
Il écrit des phrases vides avec une syntaxe parfaite. C’est le piège. « Nous mettons notre expertise au service de vos projets » est irréprochable et ne dit rien. Un lecteur ne saura pas formuler ce qui cloche, il partira simplement.
Il produit ce qu’il produit pour tout le monde. Même grille de sections, mêmes enchaînements, mêmes tournures. Quand on en a vu dix, on les reconnaît au premier coup d’œil, et la page finit par ressembler à un décor plutôt qu’à une entreprise.
Il ne décide pas de la hiérarchie. Ce qu’il faut voir en premier, ce qu’il faut taire, où placer le bouton qui compte : ce sont des choix commerciaux, pas des choix de mise en page.
Le sort des anciens sites ADI
Si vous cherchez « Wix ADI », voici l’information qui compte. ADI, l’ancien générateur de Wix, n’est plus pris en charge depuis le 10 novembre 2024.
Concrètement, un site ADI publié continue de fonctionner. Dès que vous le modifiez, il s’ouvre dans l’éditeur Wix, avec toutes les possibilités de personnalisation, et le retour à ADI est impossible. Les sites qui étaient hors ligne depuis plus de six mois au moment de la transition ont été supprimés.
Autrement dit, si votre site date de cette époque, vous êtes déjà sur l’éditeur Wix sans forcément le savoir, et c’est plutôt une bonne nouvelle.
La bonne façon de s’en servir
Nous utilisons ces outils, et voici l’ordre qui fonctionne.
- Générer pour sortir de la page blanche. Une structure proposée est un point de départ bien plus confortable qu’un écran vide.
- Jeter la moitié des sections. Un site généré en contient toujours trop. Chaque section conservée doit avoir une raison d’être, et cette raison n’est jamais « elle était là ».
- Réécrire tous les textes. Chaque phrase doit dire quelque chose que votre concurrent ne pourrait pas écrire. C’est le seul critère, et il est impitoyable.
- Remplacer les images d’illustration. Une vraie photo de votre atelier vaut mieux que la plus belle image générée du monde, parce qu’elle prouve quelque chose.
- Reprendre les réglages de référencement page par page, et tester les formulaires. C’est la partie que personne ne regarde, et celle qui décide si le site sert à quelque chose.
Ce que ça change de le faire faire
Nous voyons arriver des sites générés à peu près chaque semaine. Le constat est assez constant : la structure tient debout, et tout le reste est à refaire. Le gain de temps réel est donc plus faible qu’annoncé, parce que la partie longue d’un site n’a jamais été de poser des blocs, mais de savoir quoi dire.
C’est aussi pour cette raison que nous utilisons ces outils en interne plutôt que de les vendre comme un produit. Ils nous font gagner des heures sur la préparation et les vérifications, et ils nous en laissent davantage pour les textes, la hiérarchie et les finitions, c’est-à-dire pour la seule partie qui fait qu’un site rapporte quelque chose.
Si vous voulez voir ce que ça donne quand ces deux logiques se combinent, notre guide sur l’usage de Claude ou ChatGPT avec Wix détaille ce que ces assistants savent faire, et ce qu’ils ne toucheront jamais.